Le texte – L’ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen

Ce texte est le texte alternatif n°1 soumis au vote des communistes en vue de son adoption comme base commune de discussion des communistes lors du 37e congrès du PCF.

Il a obtenu près d’un quart des suffrages des communistes, score très significatif mais insuffisant pour qu’il devienne le texte examiné par le congrès.

Sommaire

Préambule

Ce projet de « base commune » alternative est né de la sérieuse inquiétude que nous sommes de nombreuses et nombreux communistes à ressentir à la lecture du projet adopté par le Conseil national des 5 et 6 mars. Nous pensons que le congrès doit être l’occasion d’éclairer franchement le débat entre les communistes quant à notre stratégie, notre projet, nos perspectives.

Nous sommes évidemment en accord avec beaucoup des objectifs et des propositions contenues dans sa partie « projet », même si nous ressentons que, une fois de plus, il s’agit davantage d’un texte de propositions pour une politique « de gauche » que de l’énoncé du sens et de la raison d’être communiste dans le monde d’aujourd’hui. De même, nombre des considérations sur le Parti nous paraissent justifiées, même si nous trouvons que le lien n’est pas réellement ni clairement établi entre cette raison d’être communiste, la stratégie qu’elle implique et une réelle transformation de nos pratiques et de notre organisation.

Mais le cœur de notre inquiétude porte sur la partie consacrée à notre orientation stratégique pour 2017. Nous avions depuis plusieurs congrès tiré les leçons des expériences de « l’Union de la gauche » et de la « Gauche plurielle » et élaboré une stratégie de rassemblement qui a débouché sur la création du Front de gauche. Certes, le projet de base commune y fait référence et propose de la prolonger. Mais dans les faits, nous constatons que la proposition d’une « primaire à gauche » pour « écarter l’impasse Hollande, Valls et consorts » et « faire émerger, pour l’élection présidentielle, une candidature commune », présentée comme le seul moyen de créer la surprise, de figurer et de l’emporter au second tour de cette élection, nous amène en réalité à la recherche d’une candidature de consensus avec un Parti socialiste discrédité, reproduisant au final le schéma ancien de la gauche plurielle.

Ce complet changement de stratégie nous ramènerait des années en arrière à un effacement de nos positions derrière une candidature au mieux social-démocrate, et probablement bien pire au vu de la configuration actuelle des forces. Cela assurerait selon nous une défaite de longue portée et aboutirait à renforcer encore le Front national qui paraîtrait une fois de plus comme la seule alternative aux politiques de plus en plus libérales menées alternativement par la droite et le Parti socialiste depuis au moins 30 ans.

Nous ne sommes plus en 2012. Nous sommes conscients que les politiques conduites par François Hollande et ses gouvernements constituent une accélération dramatique de ces politiques libérales. Mais nous savons aussi que dans une telle situation, il n’y aura aucune amélioration réelle pour notre peuple par le seul retour au programme énoncé par Hollande en 2012, et pas même aux politiques de Lionel Jospin entre 1997 et 2002. Retarder le moment de véritables ruptures antilibérales et de progrès démocratiques majeurs, et même retarder l’ouverture de la perspective de telles ruptures, ne font à chaque fois qu’aggraver la situation et imposer à notre peuple des épreuves de plus en plus catastrophiques.

C’est pourquoi nous ne soutiendrons pas cette proposition qui nous paraît irréaliste, dangereuse et vouée à un échec qui, de surcroît, conduirait à la marginalisation durable de notre parti. Et surtout, elle tourne le dos à la principale exigence politique de la période actuelle : créer les conditions d’une remobilisation populaire pour une véritable alternative de progrès social et humain sans laquelle rien n’est possible, créant même les conditions d’un pire avenir.

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10 réflexions sur « Le texte – L’ambition communiste pour un Front de gauche populaire et citoyen »

  1. je souhaite soutenir ce texte alternatif au projet de la direction et en homme du20° siecle maitrisant peu l’informatique je me demande si j’ai bien fait tout le nécéssaire pour en etre signataire.
    j’ai relevé quelques point qui demanderai à etre approfondi faites moi savoir si je peux le faire et comment

    1. Bonjour,
      Le front de gauche se sont des centaines d’élus communistes en moins, des alliances aux régionales qui n’ont rien apportées. C’est la porte ouverte à l’aristocrate Mélanchon. Ce sont les idées communistes qui s’enfuient. Je suis pour un parti communiste révolutionnaire et autonome.

  2. En 1976, dans la liesse du Programme Commun (notre Front Populaire de l’époque), les 40 ans du Front Pop avait donné lieu à un foisonnement d’initiatives, de publications, de cellules PCF d’entreprises, de sections syndicales racontant le 36 de leurs « boîtes » et dans la foulée, il y avait eu les élections municipales de 1977 à foutre la trouille au PS Mitterrand qui casse le Programme.
    40 ans plus tard, je serais étonné (mais très heureux) si nos cellules communistes d’entreprises (sic !) et les syndicats se mettaient en branle pour un grand mouvement populaire… Mais gageons qu’on ne manquera pas nous mettre en évidence les excès et les erreurs de ce Front (congés payés… 40 heures… Pis quoi encore !).
    Et il ne faudra pas nous faire croire que le Front de Gauche c’est le Front Populaire dont nous avons besoin.
    Mais notre PCF a-t-il l’ambition et les moyens de donner un élan à ce retentissement du Front Populaire dont les mesures vont être à reconquérir ?
    La lutte des classes ça existe toujours même si on nous met en avant la lutte des places (ça remplace les jeux du cirque).
    Il faut une vraie ambition communiste. La relation salaire, prix et profit est toujours d’actualité, la baisse tendancielle du taux de profit aussi (notre compétitivité !) et que dire de la soupière qui ne serait plus extensible (la croissance !), mais pourquoi faut-il qu’il y en ait qui mangent avec des louches et d’autres avec des petites cuillères dans cette soupière pleine des fruits du travail de tous ?
    On a toujours besoin d’un vrai Parti Communiste

  3. Si les communistes suivent ce texte ce sera la fin du PCF au profit de politiciens tous passés par le sénat,le trotskysme ou le bolchévisme de salon.
    Le PCF concret celui des avancées sociales grâce à la participation gouvernementale sera enterré:fini les 35h,la retraite à 60 ans,la sécurité sociale,les allocations,les 57% du pib collectivise,l’éducation gratuite,la cmu,les repas subventionnés des resto du coeur etc…
    La mutation proposée par ce texte est attristante et réunit des féaux qui aiment boire du Wisky avec les potentats,loin du réel..

  4. selon moi il faut bannir le concept « peuple » de nos déclarations. Nous sommes dans une société de classes, capitalistes et salarié-es et ouvrier-es, dont les intérêts sont inconciliables et insolvables dans et par le peuple. Parlons de la classe populaire, de notre classe sociale et d’un programme organisé autour de la défense des intérêts de cette dernière!

    Aujourd’hui le peuple est un vocable identitaire qui sied parfaitement au FN. Ne cherchons pas à le lui disputer. Il sert à instrumentaliser les espoirs de la classe ouvrière et salariale pour défendre les intérêts des capitalistes. salut christian

  5. J’avoue être très interrogatif concernant ce texte., bien qu’il permette d’alimenter la discussion pré-congrès.
    Une base commune a été votée par le CN. Qu’on la conteste , qu’on y trouve d’autres arguments, qu’on la modifie, rien de plus normal et très démocratique; mais qu’on l’ignore pour la remplacer par une autre, … oui je m’interroge.
    Pourquoi en arriver à une telle position? Vraisemblablement, les initiateurs de ce texte estiment que la base n’est pas amendable, qu’il ne tient pas compte de réalité politique et hors de propos en qq sorte . Pour eux cette base commune a tout faut. Si tel est cette réflexion , mais il faut aller jusqu’au bout et condamner franchement la « Direction du PC » qui erre dans dans des positions contraires à l’intérêt de notre Parti. Cela n’est pas dit dans ce texte.
    Pourtant sur la toile (entre autre), les critiques ouvertes contre notamment Pierre Laurent, ne manquent pas. Pour certains, il n’est que le fossoyeur du PCF. Je ne peux accepter cela. Il n’y a pas d’un côté une direction et de l’autre des communistes suffisamment ignare pour accepter de se faire gruger … des montons en qq sorte.
    Refusant de me faire manipuler, et estimant que la base commune peut et doit être amendée (notamment en tenant compte du formidable élan populaire actuel), je ne signerai donc pas ce texte.

    1. Les statuts du pCf permettent de proposer d’autres textes que celui du CN. Il ne faut pas s’étonner que des camarades choisissent de faire connaître des désaccords et proposer des choix alternatifs. Les résultats du vote des cotisants a démontré que le texte du cN est soutenu par une petite ( très petite) majorité. Ces votes expriment une contestation de l’orientation suivie et proposée. Pour moi, la question de la Grèce m’a révélé l’impasse dans laquelle on nous enfermait.

  6. Le PCF doit se définir « communiste ». Le congrès doit donc être déterminé par la nécessité d’un changement du « type de société ».

    Des « propositions pour une politique de gauche »..cela confine à l’abandon des fondamentaux communistes. « Propositions pour une politique de gauche », verbalisé par un parti communiste ressemble au bla bla aujourd’hui très répandu, au PS, et même à droite…pour cause le PS a rendu cette affirmation « très très vague » en près de 40 ans (pour le + proche).

    Un parti communiste devrait avoir le courage (il en a montré beaucoup par le passé) d’émettre le postulat assumé « d’une politique pour un changement de type de société » ou pour un « socialisme démocratique et populaire ».

    Un parti communiste doit construire un « programme communiste »…socialisation des grands moyens de production, nationalisations réelles des banques, lois du travail anticapitalistes, etc…

    Le capital veut mener la danse, y compris des mots et des orientations des partis. Un comble quand il s’agit du PCF…

    Mais proposer une primaire « à gauche » constitue véritablement la pierre d’achoppement pour un changement de type de société (comment peut-on prendre, à ce point, les gens pour des idiots car l’issue en est lisible d’ores et déjà…).

    Une confirmation de la « professionnalisation » de la politique et de souhaits individuels d’accéder aux postes tant convoités de députés ou sénateurs…une misère que des millions de gens vomissent.
    Le PCF vaut mieux que ça compte tenu de son histoire!

    Le texte proposé est une première avancée. Soutien total.

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Base commune alternative – 37e congrès du PCF